Journal de bord d’un médiateur à l’étranger – Etape 4

L’alliance française du Costa Rica nous a contacté, il y a quelque mois déjà, afin d’organiser un jury littéraire consacré à la bande dessinée en Amérique Centrale. Au programme : une tournée à travers 4 pays, afin de faire connaître le formidable essor de la bande dessinée en France et en Europe. Et qui de mieux placé qu’une association qui œuvre pour la reconnaissance de la bande dessinée depuis près de 25 ans et qui contient dans son ADN, un savoir faire inédit dans ce domaine pour la médiation vers des publics toujours plus large ?
Nous avons donc répondu à l’appel et envoyé l’un de nos intrépides médiateurs à travers le Panama, El Salvador, le Guatemala et le Costa-Rica. Nous vous livrerons ici son ressentis et ses états d’âmes sur ce voyage en quasi direct live !

Etape 4 : Costa Rica

16 octobre

Le Guatemala s’était vraiment top, et c’était difficile à quitter… Dans le deux sens du terme. Après un levé à 3 h pour un avion à 6h, j’apprends que mon vol est annulé.. Seule galère du séjour mais c’est rude tout de même. J’aurais un avion qui partira finalement à 9h. Le problème que nous avions programmé une intervention l’après midi. Mais avec la détermination du chauffeur, nous y parvenons finalement. Mes premiers pas au Costa Rica étaient donc pressés. Je n’ai pas vraiment eu le temps de me poser mais l’intervention était top, les élèves réagissant bien et selon le dicton des professeurs du Lycée Français : « s’ils ne réclament pas la récréation c’est gagné ». Me voilà donc, dans le dernier pays de mon voyage sous les meilleurs auspices. Je découvre rapidement l’hotel, puis nous programmons un rendez-vous avec Sylvia, la médiathécaire de l’alliance française. Bon c’est un rendez vous dans un bar autour d’une Imperial (la biere locale) mais c’est un rendez vous tout de même. Le soir je m’effondre littéralement.

17 octobre

Aujourd’hui, c’est l’une de mes grosses journées d’intervention, au programme 3 rencontres de 2h avec des classes de seconde puis une conférence à alliance française du costa rica le soir. Je suis un peu stressé en début de journée devant la masse de travail mais finalement ça s’enchaîne tellement vite que je ne vais pas avoir beaucoup de temps à consacrer à mes angoisses.. Les élèves sont très demandeurs, les échanges vont bon train et les 6 h passent comme une lettre à la poste. Vers 14h30 je retourne à l’hôtel le temps de relire mes notes et Silvia passe me prendre vers 17h. Au programme de cette fin d’après midi la construction de la soirée de samedi, puis un rendez vous avec mon interprète qui va officié durant ma prise de parole. Le contact passe très bien et c’est déjà l’heure de passer à la grande salle ou le public s’installe déjà. J’ai orienté mon intervention sur les spécificités de la bande dessinée reportage. Je me lance assez gaiement dans mon intervention en parlant de de Cabu, des sketchbook de Robert Crumb, de Marion Montaigne, de Joe Sacco, de Squarzonie, de Delisle, je m’étend un peu plus sur un Homme est Mort de Daveaudo qui m’a particulièrement touché. La cinquantaine de personnes ne semble pas trop abasourdie par la masse d’information. Après une heure de conférence, je cède la parole pour la traditionnelle séance de question. Je suis complètement rassuré, le public semble avoir apprécié le moment. A la fin de la conférence des membres de l’assistance viennent me remercier et se présentent. Il y a beaucoup d’auteurs de bande dessinée qui me donnent leur carte de visite et d’étudiants de l’alliance française.

Après quoi Silvia m’emmène dans l’un des plus vieux bars de San José. Un petit bistro à la saveur désuet des année 70. Elle m’explique qu’il s’agit d’un bar qui s’est transmit sur trois générations d’émigré italien. Il y fait vraiment bon vivre, il se dégage de cet endroit une atmosphère joyeuse et réellement intergénérationnelle. Plus tard dans la soirée, l’un des clients attrape une guitare, et je m’enfonce encore un plus dans mes songes. Le moment est juste parfait, du rhum, de la musique et plein de gens contents d’être là.

18 octobre

On passe me prendre vers 7 h du matin pour une matinée chargé. Quatre heures d’interventions avec deux classes de seconde. Là encore je reçois un très bonne accueil. Après avoir retrouvé difficilement le chauffeur je me dirige vers l’hotel pour une après-midi au calme, sans intervention, sans sortie, juste du repos.

19 octobre

Vers 11h, Olivia, la directrice de l’alliance française passe me rendre pour me faire découvrir un lieu qu’elle apprécie à San José. Il s’agit d’un petit marché où les étales de vendeur de café jouxte celles d’artisans. Il y a également de quoi manger et ce que nous ferrons après avoir profité du marché. Olivia me dit d’ailleurs qu’il n’est pas rares de croiser dans ces lieux des membres du gouvernement et même le président du Costa Rica. L’endroit ne semble pas guindé pourtant, mais dans un pays ou vivent 5 millions d’habitants, il est évident que l’on se croise un peu plus qu’ailleurs. Après cette parenthèse, où j’ai beaucoup parlé dessin avec le talentueux Louis-Marie, le fils d’Olivia âgé de 17 ans mais avec un coup de crayon déjà très sûr, je retourne à l’Alliance Française.

L’après midi je fais un atelier de 3h avec une douzaine d’étudiants de l’alliance française où nous dessinons beaucoup. Puis j’enchaîne avec la soirée de clôture du projet ou nous annonçons le vainqueur de ce premier prix d’Amérique centrale. Pour ne pas faire quelque chose de trop lourd, et surtout pour en faire un moment festif, nous avons imaginer un bataille de dessin ouverte à tous. Dix volontaires vont donc se prêter au jeu du dessin live à contraintes. Chaque participant pioche un papier sur lequel est inscrit un métier, un animal ou une plante. La bataille se déroule entre deux participants et une fois les dessins réalisés, le public vote pour son dessin préféré. La particularité réside dans le fait que les dessinateurs doivent mélanger leur thème et celui pioché par leur adversaire. Ce qui donne des choses aussi loufoque que : « un serpent facteur », « un alien nageur » ou encore « un roi cactus ». Le moment est très apprécié et l’ambiance est à son comble. Les participants sont très doués, le spectacle est clairement au rendez vous. Nous offrons une intégrale du Photographe au grand gagnant, puis vient le moment tant attendu du dévoilement de l’album primé par les élèves d’Amérique centrale. Et c’est Guy Delisle pour Pyong Yang qui rafle la mise !

Olivia m’emmène boire un verre ensuite, ce qui sonne la fin du projet en Amérique centrale. Plus tard je retrouve Silvia pour une virée nocturne dans la ville de San José. C’est la fin du projet mais pas tout a fait du voyage..

20 octobre

Je me suis couché beaucoup trop tard et je ne parviens pas à me motiver pour quoi que ce soit, comme si je payais l’énergie dépenser depuis le début de mon séjour. Je guette le moment où la pluie cessera pour tenter une incartade dans la ville mais un déluge tropicale qui s’abat sur San José et ne s’arrêtera que tard dans la nuit pour reprendre au petit matin. La pluie diluvienne a totalement prit le pas sur mes envie de bouger. Je me sens un peu piégé alors pour me venger je prépare mon escapade du lendemain.

21 octobre

Je me lève tôt et prend la direction du terminal de bus tracopa (pour TRAnsport COsta rica – Panama). Au fur et à mesure du long voyage en bus (3h30) la température se réchauffe grandement et le climat se charge en humidité. Après 2h de voyage, les premières plages paradisiaques sont en vu. Nous longeons encore longtemps le littoral avant d’arrivé à la fin de la route et au village de Manuel Antonio. L’endroit ressemble trait pour trait à un spot de surfeurs des films américains, mais en plus beau encore. De grandes montagnes couvertes de forêts descendent sur les plages. On distingue des archipels au loin qui rendent l’immense étendue d’eau moins monotone. Je me ballade toute l’après midi en m’efforçant d’enregistrer mentalement ces images (je suis aussi aidé de l’appareil photo) pour mon retour dans la pluvieuse, mais jolie tout de même, Picardie. Le soir je ne fais pas long feu, je dois être en forme pour le lendemain. L’hotel est bruyant mais je m’endors rapidement.

22 octobre

Je me lève vers 5h30 pour faire partie des premiers visiteurs du parc national Manuel-Antonio. Condition sine-qua-non pour profiter au mieux de ce refuge pour de nombreuse espèce. Au programme : forêts tropicales sauvages, plages de sable blanc, récifs de corail, vaste diversité des plantes tropicales mais aussi une faune incroyable. Je me perds dans les 680 hectares du parc, qui sont serpenté de sentiers de randonnées m’offrant des paysages incroyables. Difficile de trouver les mots pour décrire ce que je ressens durant ces quatre heures de marche. Plénitude, ça décrirait assez bien mon état à ce moment là.

Je retourne ensuite à San José pour la dernière nuit, ou je retrouve les pluies diluviennes, je prépare mes affaires en vu du grand départ du lendemain.

23 octobre

C’est la grande journée, mais j’ai un peu le temps mon avion n’est programmé qu’à 19h. Je connais un petit peu San José mais surtout le soir. Je me lève tôt pour me baigner dans l’atmosphère de cette ville dont j’ai finalement peur d’être passé un peu passé à coté. Direction le centre ville et notamment le musée de l’or et de l’art pré-colombien. C’est des plus important d’Amérique centrale dédié à la culture pré colombienne. J’apprends et je vois énormément de choses qui me permette de comprendre encore mieux où je me trouve. Ce musée est assez fascinant, les couleurs et les formes sont découvertes pour mes yeux habitués à l’art européen. Je prends beaucoup de photos en vu de futurs dessins.

Le midi je retrouve Silvia accompagné Alexendro pour le dernier repas Costaricien. Puis direction l’Aéroport, cette fois ci c’est bien la fin du voyage..

Auteur : On a Marché sur la Bulle

Centre de Ressources sur la bande dessinée à Amiens

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