Journal de bord d’un médiateur à l’étranger – Étape 2

L’alliance française du Costa Rica nous a contacté, il y a quelque mois déjà, afin d’organiser un jury littéraire consacré à la bande dessinée en Amérique Centrale. Au programme : une tournée à travers 4 pays, afin de faire connaître le formidable essor de la bande dessinée en France et en Europe. Et qui de mieux placé qu’une association qui œuvre pour la reconnaissance de la bande dessinée depuis près de 25 ans et qui contient dans son ADN, un savoir faire inédit dans ce domaine pour la médiation vers des publics toujours plus large ?
Nous avons donc répondu à l’appel et envoyé l’un de nos intrépides médiateurs à travers le Panama, El Salvador, le Guatemala et le Costa-Rica. Nous vous livrerons ici son ressentis et ses états d’âmes sur ce voyage en quasi direct live !

Etape 2 : Salvador

9 octobre

Je suis arrivé tôt au Salvador, après un levé aux aurores 2h du matin (le taxi était vraiment stressé par l’horaire). J’arrive à El Salvador à 7 h du matin, où Mario qui sera chargé de mon transport entre l’hotel et le lycée m’attend depuis déjà un petit moment. Il me conduit au lycée pour une visite très complète par le seul CPE de cet immense complexe. Le lycée est très bien équipé, il y a absolument tout, piscine, mur d’escalade, 2 bibliothèques, un amphi… Cela ressemble un peu à l’idée que je me fais des campus à l’américaine. C’est très verdoyant et il y règne une atmosphère sereine. Une fois le grand tour terminé direction l’hotel Merliot où je résiderais durant mon séjour salvadorien.

A l’entrée, un garde nous ouvre la barrière, mais pas celle de l’hotel, celle d’un petit quartier où se trouve le batiment. Le Salvador, du moins pour ce que j’ai pu en voir, est constitué d’une multitude de petits quartiers très bien protégés par une enceinte surmontée d’épais barbelés. La majorité des commerces possèdent des vigiles. Jusque là, rien de dépaysant mais ajoutez y des fusils à pompe et le décor du Salvador est planté. Après avoir prit possession de ma chambre, je fais un tour dans le quartier mais la profusion de garde et d’armes à feu ne me met vraiment pas à l’aise. Je retourne après 1h30 de ballade, à l’hotel afin de me préparer au mieux pour ma journée de demain et surtout me reposer. Le soir Estelle, mon contact sur place et professeur de français passe me prendre avec ses collègues pour m’emmener dans un petit restaurant très connu pour ses pupusas, le plat national. C’est une sorte de galette fourré avec plein de choses, faite à partir masa (farine de maïs nixtamalisée pour les connaisseurs, oui j’ai apprit plein de mots qui ne me serviront sans doute jamais alors j’en profite ici).

10 octobre

Au programme ce matin une rencontre avec 80 élèves de seconde dans un amphi pour parlé de l’histoire de la bande dessinée. J’appréhende un peu de ne pas réussir à capter leur attention sur le génie d’un Rodolphe Topffer ou d’un Winsor Maccay. Mais cela se passe très bien et ils n’ont pas l’air trop abasourdie par le nombre d’informations. La matinée s’enchaîne avec une intervention improvisée autour d’un café en salle des profs. Je vais rencontrer une classe de 6eme et les initier aux de la bande dessinée à travers un exercice oubapien. Cela fonctionne si bien, que l’on décide de remettre ça l’après midi. L’après midi sera aussi l’occasion de revoir une classe de seconde déjà aperçue dans la foule des 80 élèves de la conférence.

Le soir, Estelle avec quelques uns de ses collègues, m’emmène dans un bar bien peuplé qui passe du football américain sur grand écran et sert des immenses chopes de bière. Elle me confie à ce sujet que le mode de vie salvadorien est très inspiré des Etats-Unis qui possède ici un rayonnement particulier. Le tout à coté d’un vigile et de son meilleur ami (le fusil à pompe) à environs un mètre de moi. Il me faut bien une grande bière pour me détendre.

11 octobre

La deuxième journée d’intervention sera plus tranquille, je rencontre 3 classes dont une de cinquième et tout se passe à merveille. Le midi, je mange avec le proviseur et des membres de l’administration accompagnés de quelques profs faisant parti du projet dans une salle de réunion. On s’intéresse à mon métier mais également à la bande dessinée. Je retourne à l’hotel vers 15h30, et je retente une ballade sur les conseils d’un documentaliste. Au début cela ressemble à mes impressions de la première sorti mais ce serait un échec de rester là-dessus, alors je m’efforce de continuer plus loin en me disant que si on me la conseillé… Mais rien n’y fait, je sors de la ville et je longe une autoroute de 6 voies durant une trentaine de minutes, c’est pas très beau et ça sent l’essence. Je me dis que mon jusque boutisme est un peu ridicule je retourne à l’hôtel après 2h30 de marche et pas de belles images en tête. Je confie mon expérience à Estelle par Whatsapp et ce sera sûrement la meilleur idée du séjour. Elle me dit que je ne peux repartir comme ça et qu’elle passe prendre le lendemain matin à 8h pour me montrer autre chose du Salvador. Ca me redonne un peu de peps et je me met en quête d’un restaurant un peu typique puisqu’il s’agit de mon dernier repas salvadorien. Je trouve un petit resto sorte d’échoppe assez modeste mais qui laisse échappé une odeur délicieuse. Je retourne à l’hôtel après un bon repas et rencontre Mike un américain croisé plus tôt qui est en pleine discussion avec 3 honduriens légèrement éméchés. Je m’assois avec eux durant deux bonnes heures et je les écoutent parlé de leur pays. Jeffe, l’un d’eux, est très avenant et cause très bien du Honduras, ca me donne envie d’y aller. Je me dis que le voyage est véritablement un virus qui s’attrape en voyageant.

12 octobre

Et c’est déjà le dernier jour au Salvador. Ca passe tellement vite que je perd la notion du temps. Je suis en voyage depuis une semaine seulement et j’ai déjà un nombre incroyables d’images accumulé à un rythme effréné. Et c’est pas finit et c’est tant mieux. Estelle passe me prendre pour n’emmener en haut du volcan le plus proche de Salvador city. Après une petit marche sur le flan de celui-ci, nous arrivons à son sommet. La vue est tout simplement extraordinnaire. En contre bas à une centaine de mètres, on voit le cratère. Et c’est à ce moment précis que l’on prend conscience d’être véritablement sur un volcan. La nature autour de nous est foisonnante, les installations sont rudimentaires mais participe pleinement au décorum. Cette fois-ci c’est bon, je partirais du Salvador avec de très belles images en tête.

Auteur : On a Marché sur la Bulle

Centre de Ressources sur la bande dessinée à Amiens

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